Rappel pédagogique basé sur le Règlement international pour prévenir les abordages en mer (COLREG, 1972 tel qu'amendé). En cas de doute en situation réelle, se référer au texte officiel et aux consignes de la compagnie — ceci reste un aide-mémoire d'entraînement.
Trois situations couvrent l'essentiel de la veille anti-abordage. Dans chacune, un navire est give-way (doit s'écarter, Règle 16 : action franche et précoce) et l'autre est stand-on (maintient cap et vitesse, Règle 17 — mais doit manœuvrer seul dès qu'il devient évident que l'autre ne s'écarte pas assez tôt).
Un navire ayant l'autre sur son propre tribord doit s'écarter et éviter de lui couper la route par l'avant : elle vire franchement à tribord pour passer sur l'arrière de l'autre.
Le navire qui a l'autre sur son bâbord est stand-on : il conserve cap et vitesse tant que la manœuvre de l'autre ne s'avère pas suffisante.
Rattrape à plus de 22,5° sur l'arrière du travers de l'autre — l'angle exact où, de nuit, on ne verrait plus que son feu de poupe. Le rattrapant s'écarte, même s'il devient ensuite plus rapproché du travers : l'obligation reste jusqu'à être définitivement paré.
Le navire rattrapé reste stand-on : il garde cap et vitesse pendant la manœuvre.
Les deux navires sont give-way : chacun altère sa route sur sa propre tribord — ici l'un vire visuellement à droite, l'autre à gauche, car ils se font face. Résultat : ils se croisent bâbord sur bâbord.
Situation reconnue de nuit quand on voit les deux feux de côté de l'autre, ou ses feux de tête de mât alignés.
Les trois secteurs (vert tribord, rouge bâbord, blanc de poupe) se complètent exactement pour couvrir les 360° autour du navire — c'est cet agencement qui permet de déduire l'aspect d'un navire rencontré de nuit rien qu'à la couleur des feux visibles.
Nuit : feux de côté + feu(x) de tête de mât + feu de poupe.
Jour : aucune marque particulière.
Nuit : deux feux rouges superposés, visibles sur tout l'horizon (+ feux normaux s'il fait route).
Jour : deux boules noires superposées.
Nuit : rouge-blanc-rouge superposés (+ feux normaux si en route).
Jour : boule-losange-boule.
Nuit : vert au-dessus de blanc superposés (+ feux normaux si en route).
Jour : deux cônes pointes en contact (sablier).
Nuit : rouge au-dessus de blanc (+ feu supplémentaire dans l'axe de l'engin si celui-ci s'étend à plus de 150 m).
Jour : même figure sablier (+ cône pointe en haut vers l'engin si nécessaire).
Nuit : feux de côté + feu de poupe (pas de feu de tête de mât).
Jour : aucune marque — sauf cône pointe en bas si moteur également utilisé (motor-sailing).
Nuit : trois feux rouges superposés, en plus des feux normaux.
Jour : un cylindre.
Nuit : feu blanc visible sur tout l'horizon à l'avant (+ un second, plus bas, à l'arrière si ≥50 m).
Jour : une boule noire à l'avant.
Nuit : feux de mouillage + deux feux rouges superposés supplémentaires.
Jour : trois boules noires superposées.
Nuit : feux de tête de mât supplémentaires alignés verticalement (2 ou 3 selon la longueur du convoi) + feu de remorquage jaune au-dessus du feu de poupe.
Jour : un losange si le convoi dépasse 200 m.
Un son bref dure environ 1 seconde, un son prolongé 4 à 6 secondes. À afficher dans un chenal étroit, en vue d'un autre navire ou par visibilité réduite.
Au-delà de la mécanique croisée/rattrapage/vent debout (Section 1, valable entre deux navires de même catégorie), la Règle 18 fixe une hiérarchie générale : chaque catégorie doit s'écarter de toutes celles au-dessus d'elle dans cette échelle.
Cette échelle s'applique sauf dispositions contraires des Règles 9, 10 et 13 (chenal étroit, dispositif de séparation du trafic, rattrapage — qui priment sur la hiérarchie générale).
Le navire contraint par son tirant d'eau n'entre pas dans cette échelle à titre subordonné : les autres navires doivent seulement éviter de gêner sa route lorsqu'il affiche ses marques.
Un hydravion amerri doit, en général, s'écarter de tous les navires.